Ca y est : depuis quelques jours, chacun des candidats a son propre blog de campagne pour les Municipales 2008 à Saint Cyr l’Ecole.
Le Maire a enfin sacrifié à l’exercice, et vous pouvez désormais consulter online les actualités et les programmes (enfin, presque) des trois listes Debain, Farnier et Sadoun, pour les citer par ordre alphabétique. Stcyrblog propose des liens directs vers les trois sites, au bas de la colonne de gauche.
3 candidats donc, et 4 blogs, car « un blog pour Saint Cyr », s’il ne présente pas de liste aux élections, est et sera à vos côtés pour parler de la ville, de l’actualité de la campagne, tant online que sur le terrain, pour confronter les projets des candidats, répondre à vos questions et présenter ses propres analyses.
Vous êtes chaque jour plus nombreux à vous connecter. J’imagine que c’est pareil pour tous les blogs, et c’est une très bonne chose pour la démocratie. Vive la République, et vive Saint Cyr !
Benjamin (contact@stcyrblog.com)
février 3rd, 2008 at 8:17
Bonjour à tous,
Je ne dis pas que l’ancien maire n’a pas de casseroles aux fesses, ni que le nouveau est très chaud pour les lui faire tinter.
Cela dit, si faire punir M. Lavaud pour ses fautes supposées est nécessaire, il n’est pas souhaitable que cela mobilise trop d’énergie aux dépends des problèmes présents et à venir.
A titre d’exemple, il y a dans mon entourage une mère de famille qui devait reprendre le travail dans quelques semaines.
Son premier enfant a une place en crèche familiale, le deuxième, nouveau né n’en a pas. Forte de ce constat et dans l’impossibilité de trouver une nounou à cette époque, cette maman est donc contrainte de prendre un congé parental.
Elle se dit que dans quelques mois ça ira mieux et qu’on lui donnera une place pour son deuxième enfant. Logique. Et bien non. La pénurie est telle qu’on lui répond que maintenant qu’elle ne travaille pas faute de moyen de garde pour son deuxième enfant… tatatin… elle doit reprendre aussi le premier, qui n’aura donc plus de place en crèche!
A l’exception de M. Debain qui semble vouloir prendre un engagement plus ou moins ferme à construire une crèche (et encore, c’est bien timide et pas pour tout de suite), je ne vois aucun candidat vouloir s’attaquer au problème en s’engageant sur des dates, des lieux et des chiffres. Or c’est l’une des véritables urgences en termes de services rendus à la population.
L’urgence n’est pas la médiathèque comme ce taquin de M. Sadoun semble le dire. D’ailleurs, à choisir, ne peut-on pas envisager de construire un crèche + médiathèque à l’endroit initialement prévu dans la ZAC de l’abbaye? On encore, toujours au même endroit, une crèche qui deviendra une médiathèque dans une petite dizaine d’année quand les nouveaux arrivants de la ZAC auront fini de faire des bébés
A une époque où on insiste tant sur la valeur du travail, il est tout de même dommage qu’une personne soit privée de travail parcequ’il n’y a pas de moyens de garde pour son enfant.
Il est encore plus dommage de voir qu’aucun candidat ne prend d’engagement ferme sur ce sujet… même s’il faut pour cela augmenter les impôts. Je me demande d’ailleurs si les candidats ont une idée très précise de l’ampleur du problème?
février 11th, 2008 at 10:48
Handicapé : (Personne) qui est affecté(e) d’une déficience physique ou mentale
Handicape : Infliger (à quelqu’un, quelque chose) un désavantage quelconque. Synonyme. défavoriser, désavantager, desservir, gêner;
Handicap : Ce qui empêche quelqu’un ou quelque chose de développer, d’exprimer au mieux toutes ses possibilités ou d’agir en toute liberté.
Trois définitions qui recouvrent un même problème. Dans un pays où l’essentiel des discussions tourne le plus souvent autour des niches (fiscales), des corporatismes, des dérogations, des jeunes, des vieux, en bref du traitement du cas particuliers à la place ou aux dépens du cas général, voilà bien un problème qui trouve bien souvent une écoute… distraite.
Le phocomèle est un homme tronc. C’est ce qui caractérise l’action publique lorsqu’il s’agit de traiter le problème du handicap(e/é).
Mais retournons le problème du côté de celui qui supporte le handicap. Qu’on vous mette un sac de 20 kg de pierres sur le dos pour courir un 100m haies alors que vos voisins de couloir n’en ont pas. Vous aurez vite fait de crier à l’injustice. Si on le fait à votre gosse vous trouverez les ressources pour crier encore plus fort.
En clair, le handicap n’est pas une chose qui manque à une personne, mais une difficulté qu’on lui ajoute.
Au quotidien, ça donne une voiture sur une place “handicapé” ou sur un trottoir (faut pas stationner sur la route, ça gène les voitures… les fauteuils roulant sur la chaussée aussi!), les poubelles mises trop tôt et enlevées trop tard des trottoirs, etc… mais aussi en plus de l’incivisme ambiant : les infrastructures
Au quotidien, question infrastructure, (la liste n’est pas exhaustive, le lien vers l’excellent site d’où proviennent ces informations : ICI) :
Les seuils (les ressauts) aux passages piétonniers.
Le problème récurrent auquel les personnes handicapées doivent faire face, c’est bizarrement aux passages piétonniers qu’elles le rencontrent. Le seuil du trottoir à de nombreux passages piétonniers n’a pas été mis aux normes et donc abaissé à moins de 2 cm. Une bordure classique de trottoir fait 15 cm, certaines font 18 cm. L’usager d’un fauteuil manuel jeune et robuste des bras peut franchir le seuil au prix d’un très gros effort et en prenant des risques s’il ne réussit pas du premier coup, et que son fauteuil revient vers la chaussée. Il peut aussi tenter de passer en force en marche arrière en équilibre délicat sur les grandes roues. Quel piéton valide accepterait d’avoir à sauter 1m50 pour poursuivre son chemin ? Les autres devront trouver un autre passage ou se faire aider. Un fauteuil électrique pèse 120 kg environ et a une garde au sol réduite (entre 7cm et 12cm):. De nombreux seuils aux passages pour piétons ne sont pas suffisamment abaissés et le fauteuil risque de se coincer, les roues motrices roulant dans le vide. Là encore une aide sera nécessaire mais avec des risques pour le matériel.
Les passages piétonniers surélevés avec rigoles non couvertes
On voit un peu partout des passages piétonniers surélevés faisant en même temps office de ralentisseurs mais plus larges que les dos d’âne. C’est une excellente pratique donnant aux piétons et usagers en fauteuil la plus grande sécurité de traversée. Mais certains sont rabaissés juste avant la bordure de trottoir pour permettre l’écoulement de l’eau dans le caniveau le long du trottoir. Les petites roues des fauteuils et les roues des poussettes d’enfant restent bloquées.
Les trottoirs trop étroits
1– La norme minimale le long d’un mur est de 1m 40, ce qui permet tout juste à deux fauteuils roulants de se croiser, mais 1m 20 est acceptable s’il n’y a aucun mur des deux côtés. L’effet mur (appelé aussi ”effet paroi”) fait que l’utilisateur du fauteuil ralentit et s’écarte du mur de 15 ou 20 cm pour ne pas s’abîmer les mains ou les coudes en conduisant un fauteuil le long d’un mur, d’une haie, et en passant à côté d’obstacles.
Personnes handicapées pénalisées pour les fautes des autres usagers de l’espace public
Trop souvent c’est le plus faible des usagers qui fait les frais des aménagements installés par les municipalités pour empêcher les comportements répréhensibles d’une minorité.
1° - Plots, blocs de béton, bornes, boulets anti-stationnement souvent installés au milieu des cheminements pour lutter contre les abus des conducteurs, posent des problèmes aux malvoyants, et gênent tous les piétons.
2° - Barrières anti-mobylettes installées. Les exemples abondent de barrières empêchant les personnes en fauteuil de pénétrer dans un espace public, jardin, parc, etc.
3° - Suppression des bancs pour chasser les SDF ou les groupes d’adolescents. Leur remplacement par des appuis ischiatiques inadaptés pour les PMR (personnes à mobilité réduite), personnes âgées, enfants est particulièrement cynique puisque ces dispositifs peuvent avoir leur utilité en plus des bancs pour économiser l’espace, mais certainement pas à leur place.
Les ascenseurs absents ou souvent en panne. Nécessité de cheminements avec pentes réglementaires en parallèle
Dans les projets urbains avec dalle de rencontre, ou dans les gares, on trouve souvent des escaliers doublés d’ascenseurs. Malheureusement les ascenseurs sont très souvent en panne.
Ce que dit la loi
La Loi du 11 février 2005 ( et ses décrets d’application de décembre 2006 et janvier 2007, en faveur des personnes handicapées vise à leur offrir une meilleure accessibilité, au sens large du terme, accessibilité aux services offerts aux citoyens valides en matière de travail, d’éducation, de loisirs… Mais la loi dans ses articles 45 et 46 se préoccupe aussi de l’accessibilité à la voirie et aux transports, qui est l’emploi le plus courant du mot. La loi de 1975 avait peu mobilisé les aménageurs sur l’accessibilité des cheminements piétonniers et des transports. C’est pourquoi la loi du 11 février 2005 impose aux municipalités de plus de 5000 habitants pour la voirie, et aux autorités compétentes pour les transports publics de se mettre en conformité dans des délais prédéfinis. Elles ne pourront pas arguer de leur manque de ressources financières ou du faible nombre de bénéficiaires potentiels, comme cela a été trop souvent le cas jusqu’à maintenant. Les aménagements destinés à améliorer l’accessibilité des personnes handicapées apportent confort et sécurité à l’ensemble des piétons et usagers des transports, et plus particulièrement aux mères de famille avec voiture d’enfant ou tenant des enfants par la main, aux personnes avec gros paquets ou caddie, etc. L’application de la loi sera bénéfique pour tous.
Elle impose aux collectivités locales (communes ou communautés de communes) d’assurer la continuité de la “chaîne du déplacement” dans l’espace public et les transports collectifs par :
- l’accessibilité des transports publics aux personnes handicapées et à mobilité réduite réalisée dans un délai de dix ans à compter de la publication de la loi,
- dans les 10 ans suivant la mise en place des commissions évoquées ci-dessous, la mise en accessibilité par un plan communal ou intercommunal à l’initiative, selon le cas, du maire ou du président de l’établissement public de coopération intercommunale,
- dans les trois ans à partir du 1er juillet 2007, la création d’une commission communale pour l’accessibilité des personnes handicapées dans les communes de 5.000 habitants et plus, composée des représentants de la commune, d’associations d’usagers et d’associations représentant les personnes handicapées. Le maire la préside et arrête la liste de ses membres. La commission après avoir dressé le bilan de l’existant établit un rapport annuel présenté en conseil municipal et fait les propositions qu’elle juge utiles.
Fin de la Loi
Quel projet pour St Cyr l’école?
Comme on peut le constater, la date limite de mise en œuvre de la loi se situe au-delà de la fin du prochain mandat.
A l’exception de la création de la Commission Communale pour l’accessibilité des personnes handicapées dans les communes de 5.000 habitants et plus qui doit être créée d’ici au 1er juillet 2010, le prochain maire peut décider de ne pas agir sans être fautif au regard de la loi.
A ce jour, seul le projet de M. Sadoun fait référence au handicap. Il y a fort à parier que les listes concurrentes feront des propositions aussi vagues sur le sujet.
Sans chercher à remettre en cause leur intérêt pour les personnes qui subissent un handicap au quotidien, du fait de l’inadaptation des structures de la ville, les candidats ne seraient-ils pas plus crédibles, en s’engageant sur des projets précis… et des dates de mises en œuvre (pas au jour près bien sûr)? Quelque chose du style… “Nous allons traiter chaque année 15% des passages piétons afin qu’ils soient tous adaptés d’ici à la fin de la mandature”.
Pour finir sur un clin d’œil, pour la mise aux normes de la mairie, n’est-il pas plus simple de vendre le terrain et d’en reconstruire une toute neuve et parfaitement adaptée dans la ZAC Renard?
février 11th, 2008 at 11:01
Commentaire très instructif. La loi impose la photo finish au 1er janvier 2015, mais pas les temps de passage, comme vous le faites remarquer.
Les trois candidats ont conscience de ce sujet - ceux qui n’en ont pas parlé n’en sont pas moins conscients, je vous le confirme.
Le plus difficile sera le problème de la mairie, avec les accès aux étages qui seront compliqués. Pour les écoles, ce sera un chantier à mener impérativement avec leur rénovation (donc, progressivement). Pour la voirie… le seul hic est que la mairie ne peut pas agir sur les routes départementales, nombreuses et qui traversent la ville.
J’avais aussi récupéré quelques estimations de coûts indicatifs pour traiter ces sujets - c’est un sujet important pour Saint Cyr, et un sujet qui doit être pensé globalement, au-delà des considérations partisanes ou électorales. L’impact sur le budget d’investissement sera certain… mais gérable pour tout bon gestionnaire avisé, prudent ou raisonnablement ambitieux.
Pour votre clin d’oeil, et sans aborder les considérations techniques ou financières, une mairie sur la ZAC Renard, après le déplacement de la piscine, ce serait vraiment la fin du maigre “centre ville”
février 15th, 2008 at 13:52
Ambiance, Ambiance
Chacun peut se souvenir, hélas, de l’ambiance délétère qui régna lors de la campagne des municipales précédentes.
On se souvient, encore hélas, de l’ambiance encore plus délétère qui régna jusqu’à l’arrivée de M. Debain.
Dans un climat semble-t-il apaisé, on pouvait s’attendre à un débat digne entre personnes de bonne foi. Hélas, toujours, il y a cette satanée piscine à 0 euros… Elle n’a probablement pas coûté ce prix.
En consultant les comptes-rendus des Conseils Municipaux, le coût définitif de sa construction se situe autour des 5 millions d’euros. A cela il faut déduire les subventions reçues et la vente du terrain de l’ancienne piscine. Ca n’amènera pas le coût de la piscine à 0 euro pour les Saint-Cyriens. C’est vrai. Le coût sera probablement très inférieur à 800.000 euros.
Se pose alors un épineux problème.
D’où sortent les 6 millions d’euros annoncés par M. Sadoun dans son blog ? Mélange-t-il le prix de la piscine et ce qu’elle a effectivement coûté à la commune ? Accuse-t-il la municipalité sortante d’avoir non pas désendetté la ville mais d’avoir au contraire multiplié sa dette par 2 ?
Est-il mal conseillé par l’opposition présente au Conseils municipaux ? Fait-il preuve de mauvaise foi ou bien s’est-il bêtement trompé d’un zéro ?
Les questions se bousculent. Ce qui est sûr, c’est que celui qui ment ne le fait pas pour le bien du citoyen… de St cyr