[Edit 7 mars - Avant propos : cet article ne se voulait pas une synthèse sur le coût de construction (sujet qui par ailleurs n'a rien de honteux !), mais une mise en perspective plus générale. Vous lirez avec intérêt les réactions de MM. Debain et Farnier à cet article, et je viens de reprendre la rédaction, notamment le passage sur le coût, pour y ajouter plus de clarté.]
[Edit 8 mars - Il ne s'agit que de "quelques mots" sur la piscine. Je ne suis volontairement pas revenu sur la polémique sur la destruction de l'ancienne piscine et vous propose de vous documenter à ce sujet (*)]
Une piscine à Saint Cyr, c’est un luxe, et c’est un symbole.
Depuis les années 80, la revendication identitaire est devenue une sorte d’acquis communal. Il y avait une piscine en 2001, il y en a … une autre, depuis l’an dernier. Ce n’était pas dans le projet électoral (d’où le zéro euro promis ?) mais c’est vite devenu le fil rouge de toute la mandature. Je ne suis pas assez « ancien » pour faire un long rappel historique (*), mais de nombreux articles et tracts sont encore visibles sur les sites de l’’ACS Saint Cyr et d’ Agir 2008.

Quel coût pour les finances de la ville ?
Une question plus épineuse qu’il n’y parait. Selon les candidats, le curseur varie de quelques centaines de milliers d’euros à presque six millions d’euros.
Pour y répondre, il faut déjà reconstituer le coût de construction. Pour simplifier, disons “X”, mais je vous laisse vous faire votre opinion à la lecture des explications de MM. Debain et Farnier.
Ensuite, il faut réfléchir à la structure de financement. La ville a reçu un peu plus d’un million d’euros de subventions, et la vente à Franco Suisse du terrain de l’ancienne piscine a rapporté un peu plus de 3 millions d’euros.
Les deux approches extrèmes sur le “coût de la piscine à la charge de la ville” sont donc de “X-1″ et “X-1-3″ selon que l’on décide d’affecter, ou non, le produit de la vente de l’ancien terrain au budget de l’opération.
Mon avis est qu’il est exagéré de prendre en compte tout le produit de la vente dudit terrain, car la nouvelle piscine est excentrée et assise sur un foncier de moindre valeur. Le terrain vendu représente quelque part une “perte” de patrimoine pour la ville, à rapporter à la valeur du nouvel équipement (qui est une valeur d’utilité plus que financière). Il serait également exagéré de ne pas du tout prendre en compte le produit de la vente du terrain de l’ancienne piscine, car c’est bien le fait de réaliser un nouvel équipement ailleurs qui a permis l’opportunité de vendre du foncier dans des conditions économiques favorables.
Si l’on décide d’affecter la moitié de la vente du terrain de l’ancienne piscine (50* 3.2 = 1.6m) et les subventions réellement reçues (1.1m), on peut estimer le coût de la piscine pour la ville à “X-2.7″. Selon cette approche (mais je veux bien discuter de la méthodologie avec qui voudra), cela fait un coût pour la ville de 4.3m€ si l’on retient le coût de construction présenté par M. Farnier (et, de mémoire, M. Sadoun également), et de 2.1m€ si l’on retient le coût de construction présenté par M. Debain.
A noter, enfin, qu’il ne s’agit pas d’un coût déraisonnable dans l’absolu, mais qu’il aurait pu être moindre si la recherche de subventions avait été optimisée.
Quelle valeur d’utilité ?
La nouvelle piscine est incontestablement un équipement spacieux et de qualité, mais n’est plus une piscine de centre ville. Elle est excentrée alors que la ville a cédé du foncier à un des meilleurs emplacements de la ville. Cela “compense”-t-il le confort amélioré de la nouvelle piscine et le toit ouvrant ? Les avis peuvent valablement être partagés.
Dans un autre genre, si presque tout le monde va à la nouvelle piscine en voiture, ce n’était pas le cas avant, et les commerçants du centre-ville, par exemple, ont perdu des « opportunités de contact » avec la clientèle piétonne de l’ancienne piscine.
Il faudra également tirer les leçons du passé, faire attention à l’entretien et à la maîtrise des coûts de fonctionnement (pour le moment raisonnables, mais la piscine est toute neuve). Quels que soient les modes de financement, dans le temps, une piscine est un équipement onéreux pour une petite ville seule.
Que pouvait-on faire d’autre ?
Rénover l’ancienne piscine, parait-il affectée par un défaut de construction et mal entretenue pendant des années ? En construire une nouvelle au même endroit (donc sans plus-value foncière) ? Envisager sérieusement une piscine intercommunale avec Fontenay, voire Bois d’Arcy ? Chacun aura son avis sur la question… le mien est l’intercommunalité, sur laquelle on aurait pu insister un peu plus (lire également les précisions du maire à ce propos)…
Le délégataire, une bonne solution ?
On dit que les associations ne devraient pas être écartées, que l’entrée coûte cher, que c’est la faute du délégataire, Vert Marine. C’est globalement vrai, mais Vert Marine agit dans un cadre contractuellement négocié avec la ville.
La cherté est assez évidente pour les familles dont les enfants prennent des cours de natation. Pour l’entrée seule, les formules d’abonnement sont relativement onéreuses, mais je pense que si l’on compare le coût des entrées avec les différentes formules avec les offres de l’ancienne piscine, en euros constants et à service constant, les écarts doivent être bien moindres que les 25% pointés par l’opposition de gauche. Le mieux servi est probablement le « sportif », qui, pour une carte 10 heures à 25 euros, peut faire 13 séances de trois quarts d’heure, dont certaines en nocturne après le travail !
Marc Sadoun et Daniel Farnier promettent de renégocier le contrat avec Vert Marine. Une renégociation unilatérale en faveur des associations et à coût nul pour la ville est irréaliste ! Vert Marine est un opérateur privé, mais cela ne veut pas dire non plus froid et hostile. Peu avant le nouvel an, j’ai eu l’occasion d’aller à la patinoire d’Angers, gérée par le même opérateur mais semble-t-il en bonne harmonie avec la mairie et les utilisateurs (jetez un coup d’œil à son site web, assez sympa). Sur le fonds, la meilleure manière de renégocier un contrat dans les intérêts de toutes les parties est surtout d’assurer une augmentation de la fréquentation…
Des suggestions concrètes !
… pour cela, pas grand-chose n’a encore été fait, mais plusieurs pistes sont possibles. Une meilleure promotion de l’équipement par la mairie (journées porte ouvertes, offres promotionnelles, …) pour développer la base de clientèle. La négociation de conventions bilatérales avec les villes voisines sans piscine (ex : Fontenay, pour tout lemonde et pas que les écoliers !). Ne pas fermer la piscine entre 13h et 14h le week-end pour attirer un peu plus de monde… Adjoindre à la piscine quelques pelouses du parc Maurice Leluc et mettre à la belle saison plus de transats en plein air. Il y a largement la place (voir photo ci-dessous), et cela valorisera mieux côté « ouvert » de la piscine et renforcera l’offre « loisirs » d’un centre aquatique « familial », avec bassin ludique, toboggan, toit ouvrant et pelouse extérieure pour tous, pas seulement les 10 premiers arrivés… En un mot, ça permettra de profiter davantage du nouvel emplacement de la piscine et de ne plus regretter l’ancien
Qu’en pensent les uns et les autres ? Et que proposent les candidats ?

D’ici là, j’espère que ce ne seront pas les finances de la ville qui plongeront, mais vous… Allez, tous à l’eau, vous retrouverez toutes les informations pratiques sur les sites de la mairie et de Vert Marine.
Tags: municipales 2008, piscine
mars 5th, 2008 at 19:00
Après avoir lu votre article sur la piscine, je vous apporte les informations disponibles dans le budget de la ville.
Il est vrai que P. Lavaud avait parlé d’une piscine à 0 € pour les finances de la ville, et lorsqu’il avait lancé cette information, il pensait surement à récupérer de l’argent sur la vente du terrain de la gendarmerie.
La piscine a couté 4 812000 €HT soit 5 756 000€ TTC. Le financement a représenté 4 450 000€ dont 3 200 000 de la vente du terrain de l’ancienne piscine et le reste en subvention (CG78 et DDJS…).
Après restitution de la TVA, le cout total de la ville est de 413 000€.
En ce qui concerne son emplacement, le choix du terrain du stade a permis de construire un centre aquatique s’ouvrant vers l’extérieur avec possibilité de se tenir dehors aux beaux jours. De plus, alors qu’il était impossible de stationner à proximité de l’ancienne piscine, l’occasion de la construction a permis de tripler le parking de stationnement du stade. Parking qui était nécessaire puisque toujours plein le week-end.
La construction de cette piscine a été aussi un des éléments qui ont déclenchés la création de la ligne de bus N°7.
Le cout de fonctionnement pour 2008 en fonction de l’estimation des recettes de 2007, le cout pour la ville est de 334 000€ sans aucune dépense supplémentaire.
En l’an 2000 l’ancienne piscine coutait déjà 358 000€ auxquelles il faudrait ajouter les frais personnels induits qui étaient supportés par la ville (Directeur des sports, services financiers, services de la paie, services techniques pour les réparations et communication)
La reconstruction au même endroit n’aurait pas permis d’avoir une piscine aussi grande que l’actuelle et en partie découverte.
Quand à l’intercommunalité, P. Lavaud l’avait proposé à M. Lasserre qui n’avait pas voulu du site du parc M. Leluc car il le trouvait trop éloigné de Fontenay et avait proposé de la construire à Fontenay à l’emplacement de l’ancienne piscine.
En espérant que ces précisions vous permettent de donner les précisions nécessaires.
mars 7th, 2008 at 21:54
Je veux bien qu’on débatte de tout, mais au moins qu’on n’affirme pas des choses aussi évidemment contraires à la vérité.
J’invite les internautes à consulter le site internet de la ville, dans la partie présentant les compte-rendus de conseils municipaux : http://www.saintcyr78.fr/conseil_reunions.html J’attire notamment leur intention sur le compte rendu du conseil municipal du 31 mai 2007, page 3, 2ème paragraphe : le montant global forfaitaire du marché de construction de la piscine est de 5.110.254,71 € HT. Comment la piscine aurait-elle pu coûter 4.812.000 €HT comme l’affirme M. Debain, alors que les seuls travaux ont coûté plus de 5 M€ ?
En effet, avec ces 5,1M€, vous ne pouvez pas ouvrir la piscine. Il manque par exemple le coût de l’architecte, qui est précisé sur le compte rendu du conseil municipal du 25 mai 2005, en haut de la page 3 : 510.000 €HT, et une foule de choses comme l’acquisition du terrain sur le stade, les aménagements intérieurs, les études diverses, les parkings…
Je ne souhaite pas polémiquer sur ce blog. J’estime néanmoins qu’il est nécessaire que vos lecteurs puissent se faire une opinion à partir d’éléments factuels indiscutables. Après il appartient à chacun de décider, mais comment peut-on raisonner juste lorsqu’on leur fournit une information aussi fausse que celle que je viens de découvrir.
Cordialement
Daniel Farnier
Nota : je me permets d’inviter ceux qui veulent approfondir cette question à lire le dossier que nous avons réalisé sur notre site : http://agir2008.fr/dossiers/coutpisc.php. Ils y trouveront notamment un document remis aux conseillers municipaux suite à l’annulation d’une délibération par le tribunal administratif. La commune reconnaissait que le coût était de 6,1 M€HT, alors que certains éléments manquaient encore.