Les débats sur le coût de la piscine ne sont pas que des chiffonnades…
Dans le « privé », quand on parle de comptabilité, on entend un bilan et un compte de résultat. Au bilan, l’actif et le passif, donc le « patrimoine ». Au compte de résultat, les recettes et les charges, donc le « budget courant ».
Pour une collectivité territoriale, point de bilan patrimonial. Une partie du passif est certes connue (l’endettement financier), mais personne ne recense jamais, et encore moins ne valorise, l’ensemble des actifs et passifs. Il y a un budget de fonctionnement (la « vie courante ») et un budget d’investissement. Le budget doit être équilibré chaque année, mais pour cela il suffit de trouver des « recettes » à mettre en face des « dépenses ». La vente de bijoux de famille et le recours à l’endettement sont des ingrédients possibles de ces recettes.

L’exemple de la piscine est archi classique : la vente du patrimoine de la commune apparaît en « recettes » pour boucler le plan de financement du centre aquatique. Et pi c’est tout, comme dirait le moniteur de natation le plus connu de France et de Navarre, car rien n’oblige à s’interroger sur le patrimoine de la commune, avant et après l’opération, ni sur la perte du foncier, ni sur la valeur de la piscine.
Alors que dans le « privé », les principes comptables évoluent et se raffinent avec le temps pour tenter de s’adapter aux réalités économiques (IFRS, …), les principes de comptabilité publique paraissent figés et immuables. C’est comme ça… mais rien n’interdit de mettre en place des outils de pilotage plus cohérents et plus utiles. Surtout si ça peut permettre d’encore mieux gérer la ville, et de désamorcer ou limiter les polémiques. En attendant, chacun ou presque peut dire n’importe quoi ou presque, et presque sans risque tant que les référentiels sont différents…
Aujourd’hui, peu s’interrogent sur le « patrimoine » de la commune. Ceux qui critiquent la vente du terrain de l’ancienne piscine sont assez peu diserts sur les solutions de réemploi de ce terrain qui auraient pu être mises en œuvre. De la même façon, réduire l’endettement, c’est bien. Expliquer parallèlement que les services municipaux sont bien gérés, et le patrimoine communal maintenu, c’est encore mieux !
Pour donner quelques autres exemples concrets, il n’est aujourd’hui pas possible de calculer ou comparer précisément le coût pour la ville par an et par enfant selon le mode de garde (crèche, mini crèche, …). Idem pour la rentabilité des projets d’économie d’énergie (ie, éclairage public). Probablement idem pour l’évolution par poste de dépense des coûts de fonctionnement à horizon 2-3 ans…
A l’heure d’Internet et du tout informatique, les Saint-cyriens, moi le premier, ne comprendraient pas qu’un candidat ne s’engage pas à développer/moderniser les outils de pilotage financier et économique, et à s’en servir dans l’intérêt collectif et de manière transparente, pour mieux piloter les finances de la ville, et mieux communiquer sur l’utilisation des deniers publics.
Que proposent les candidats à ce sujet, et à quoi s’engagent-ils ? Pour l’heure, à pas grand-chose, malheureusement… Est-ce pourtant demander la lune ?
Tags: finances locales, municipales 2008
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