benjamin on mars 12th, 2008

Victorieux dès le premier tour, Bernard Debain sort de ces élections avec une légitimité renforcée et pourra poursuivre tranquillement le développement de ses projets pour la ville. Il avait vite compris … qu’il ne fallait surtout pas trop faire campagne et jouer à plein la carte du sortant.

« Saint-Cyr change, Continuons ensemble » était une fidèle signature pour son programme. Le maire a logiquement mis en avant son bilan et son image de maire de proximité, de tous les jours (« 13h TF1 »). Et de tous les quartiers, car les résultats par bureau de vote sont globalement homogènes, autre petite surprise.

Bernard Debain avait également vraiment musclé sa campagne pendant les derniers jours, un peu à l’image d’une équipe de foot qui veut conserver son avantage « à l’italienne » à quelques minutes de la fin du match (*). Cela a dû forcer la décision dès le premier tour.

Bernard Debain a également profité de plusieurs facteurs externes, qui tous réunis ont concouru à augmenter son avance quel que soit le niveau de la campagne de ses adversaires :

  • la prime au sortant est traditionnellement d’autant plus importante que l’usure du pouvoir et la participation sont faibles. Ici, bien évidemment aucune usure du pouvoir, et une participation (56%) identique à Paris ou Versailles. De manière plus générale, que ce soit à Paris, Bordeaux, ou plus près de nous à Bois d’Arcy ou Fontenay le Fleury, les sortants ont globalement mieux réussi qu’escompté
  • la gauche dont l’ancrage des communistes, encore important, semble vraiment peser (à l’occasion, je reviendrai peut-être sur certains tracts du PC distribués dans les mois précédant l’élection)
  • le glissement vers la droite d’un grand nombre de banlieues résidentielles, et ce pour des raisons sociologiquement plus complexes que « les nouveaux habitants sont des riches »
  • un paradoxal « effet Lavaud ». Le changement est facteur de risque, et le souvenir de l’ex maire est tenace. Plutôt que de prendre le risque d’encore changer de maire et d’en « tester » un quatrième depuis le début du siècle, quand bien même les profils sont différents, autant continuer avec le maire en place puisque son action est jugée globalement satisfaisante. En langage financier, on parlerait d’aversion au risque. En langage politique, la traduction est un peu plus injuste, surtout de la part de la majorité actuelle : “regardez-moi ce parachuté[, ça ne vous rappelle rien ?]“

En face, Marc Sadoun et Daniel Farnier ont été davantage présents. Je pense que la campagne de Marc Sadoun était globalement bonne, un peu « péchue » parfois, avec une communication professionnelle et une image maîtrisée. « Mais » l’inflation des propositions a fait ressortir le spectre du dérapage des finances publiques locales et ses opposants ont su le contrer sur certains sujets sans même trop chercher à rentrer dans les détails. Le bus n’a pas aidé. Son score est faible, j’en fus assez surpris, et il est quelque part dommage qu’une telle personnalité n’ait pas sa chance dans un mandat local, à Saint Cyr ou ailleurs.

Daniel Farnier, pour sa part, occupait le terrain et nourrissait le débat avec son blog depuis des mois. Mais c’est comme s’il s’était fait asphyxier par le maire, et nombre de saint-cyriens ont probablement plus retenu les « polémiques » que les propositions et le profil de politique qu’il souhaitait développer à Saint Cyr. C’est bien difficile de faire campagne en passant autant de temps à répondre au maire. Il lui manquait peut être également un support logistique, la communication des « grands partis », notamment les plaquettes de programme, semblant mieux assurée.

Enfin, il ne s’agit que de mon analyse à chaud, et c’est toujours plus facile de faire des commentaires a posteriori.

(*) les amateurs de football pourront réfléchir sur le parallèle entre le dernier tract du maire et Lyon-Bordeaux. Lyon mène 3-2 à l’approche de la fin du match, et un défenseur lyonnais se « sacrifie » pour « assassiner » le meilleur joueur bordelais qui doit quitter le stade sur une civière. Lyon était globalement meilleur, mais sa victoire paraît du coup un poil moins « glorieuse »…

Tags: , , , , ,

No Responses to “Municipales 2008 - analyse des résultats”

  1. gilles vieillard
    mars 28th, 2008 at 11:03

    he bien benjamin,

    * Un bon rythme de publication jusqu’au 1er et dernier tour le 9 mars, un dernier article le 12 mars. depuis …. silence (peut-etre des vacances ?)
    faut reprendre la plume et ne pas laisser l’impression qu’il s’agissait d’un blog de campagne

    * sur l’analyse elle-même
    étant impliqué sur la liste de gauche, j’ai une autre perception de notre échec. je pense que nous n’avons pas su nous adresser à toute une population dont la situation quotidienne s’aggrave, dont le pb est plus l’augmentation très forte des produits de première nécessité, les difficultés de se loger, que l’accés wifi ou les poubelles solaires.
    Cet électorat n’a pas reconnu en notre liste la capacité à prendre en compte leurs difficultés et leurs besoins et ne s’est pas déplacé lors du 1er.
    D’autre part, une partie de l’électorat plus attentif aux problèmes politiques s’est détournée de cette liste qui n’a pas voulu investir le terrain de la contestation de la politique nationale actuelle, (comme d’autres l’on fait de façon payante ailleurs en France) un électorat qui aussi a eu de la défiance par rapport à la personnalité un peu “péchue” de la tête de liste.
    Ceci-dit, l’histoire ne s’arrête pas le 9 mars 2008 et nous resterons actifs sur notre ville et au-delà.

Leave a Reply