benjamin on mars 9th, 2008

J’aurais finalement dû créer mon blog trois mois plus tôt. Il y a beaucoup de sujets que je n’ai pas eu le temps d’aborder ou de détailler suffisamment…

Sur le fonds, je n’ai pas beaucoup de légitimité à Saint Cyr. Je suis arrivé dans la ville début 2006. La seule « association » dont je suis membre est le conseil syndical de ma résidence. Je ne travaille pas sur la commune. Je n’ai pas d’enfant. Je suis loin de connaître tous les petits secrets de la ville. J’essaye de « consommer » un peu plus local que la moyenne. Je dévore l’information disponible.

Je n’ai pas non plus de légitimité sur la scène politique. Je n’ai aucune expérience d’élu. Je ne suis pas (et n’ai jamais été) membre d’un parti. Je n’avais jamais discuté avec aucun des 99 candidats avant janvier 2008, du moins jamais plus que quelques échanges simples et anonymes lors d’une réunion publique ou d’une commémoration.

Je suis donc parti dans l’aventure de ce blog avec motivation et sens civique pour seules armes.

Résultat : de nombreuses nuits blanches, et une situation de monopole sur la blogosphère locale. Cela procure indéniablement certains avantages, par exemple une bonne visibilité du site et des discussions relativement faciles et régulières avec les trois listes. Cela induit cependant plus de responsabilités, car mon propos n’est pas noyé dans une masse de commentaires plus ou moins convergents comme dans certaines communes alentours.

Ce blog se veut « démocrate » et le paradoxe est encore que l’action de vendredi sur la « démocratie locale », en ce compris une grammaire commune aux trois candidats sur certaines améliorations du fonctionnement de la vie locale, s’apparentait à une opération de guérilla, non pas tellement sur les motivations (aucune revendication de faveur ou polémique, toutes ayant par ailleurs été annoncées dans les articles des jours précédents) mais sur la méthode employée. Ce n’est pas très beau, je ne le referai pas, mais j’espère que cela ne retire rien à la clarté des engagements pris par les candidats car si dans bien des villes tout cela passe pour du bon sens, à Saint Cyr il s’agira d’une « extase démocratique » pour reprendre l’expression d’un candidat.

Pour répondre en vrac à quelques autres questions récemment formulées :

  • Je souhaiterais certes assister à un débat public entre les deux tours (si deuxième tour il y a) mais en tant que spectateur seulement.
  • Je souhaite que le blog survive aux élections. Il y aura beaucoup à faire avec l’équipe municipale et plus généralement toutes les forces vives de la commune. L’idée est de participer, et surtout de (vous) faire participer à la réflexion collective.
  • Je n’ai pas cherché à négocier de « privilège » particulier de quelconque nature (job, logement, place en crèche, rôle de délégué de quartier, …) avec aucune liste. Rien !

Merci à tous,

Benjamin (contact@stcyrblog.com)

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benjamin on mars 8th, 2008

Suite du premier épisode.

Notre petit Saintcyrix est décidément assez naïf. Il croyait en une campagne électorale éthique jusqu’au bout.

Saintcyrix se replie un peu sur lui-même. Il se dit que Saint-Cyr n’étant pas au cœur de l’OIN, il n’en a pas grand-chose à espérer, mais beaucoup à craindre. Il espère vraiment que la priorité donnée aux saint-cyriens va améliorer l’offre de logement social dans la ville, et qu’on va tout faire pour dissuader la circulation de transit. Il entend ici et là un détail parfois flous sur les nouvelles offres de train. On lui dit que seul les « anciens », ceux qui connaissent bien la ville, peuvent gérer efficacement sa destinée. Et que la ville a tellement souffert qu’elle pourra bien espérer des faveurs spéciales (les terrains du stade, un régime d’exception pour des bus gratuits, …).

Bref, il espère que le saintcyro-saintcyrisme vaincra et que la ville sera enfin touchée par la grâce des dieux.

Voilà pour la théorie. Maintenant, place à la pratique. Qui se reconnaît en Saintcyrix ? Visiblement pas grand monde, du moins parmi mes lecteurs au vu de la flopée de votes négatifs recueillis lors du premier épisode.

En fait, Saintcyrix n’existe pas, ou sinon peut être dans l’inconscient des « hauts pensants ». On imagine les attentes de l’électeur, puis on le flatte sur des promesses censées améliorer son quotidien. Mais le citoyen n’attend pas qu’un repli ou une faveur, il réclame aussi une vision ! Le travail de proximité est certes indispensable, mais on ne construit pas sur du long terme uniquement à coups de « bottom up »…

Les saint-cyriens attendent un projet de ville, non idéologique, à moyen terme mais avec des effets visibles à très court terme, des engagements réalisables et une ouverture d’esprit permettant de s’adapter aux situations imprévues. Il faut savoir dire oui, savoir dire non, savoir dire « je n’y avais pas pensé, et c’est une bonne idée », et parfois « je me suis trompé, on va faire autrement ».

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benjamin on mars 8th, 2008

Edit 8 mars. Excellente nouvelle : les candidats sont tous d’accord pour respecter les “bonnes pratiques” suivantes.

  • une gestion transparente et sincère des conflits d’intérêt
  • le principe de la concertation publique en ce qui concerne les nouveaux équipements/investissements substantiels
  • la communication des comptes rendus du conseil municipal sur le site web de la mairie ainsi qu’un résumé des principales décisions dans le journal municipal
  • une information sur l’incidence estimée des projets d’investissement sur le budget de fonctionnement (coûts ou économies) lors de leur présentation
  • une communication plus dynamique sur le budget, les grands projets de la ville (y compris les permis de construire “importants” (*)), les offres d’emploi et appels d’offres
  • l’investissement dans des outils de comptabilité analytique pour un meilleur pilotage/information des finances publiques
  • le maintien des réunions de quartier / conseils de quartier
  • une commission d’attributions des logements composée d’élus de la majorité, de l’opposition, et éventuellement de membres d’associations locales (**)

(*) à noter que ceux-ci sont de toute façon consultables au service de l’urbanisme. Il s’agit essentiellement de donner plus d’information et de visibilité sur les projets importants
(**) étant entendu que pour des raisons d’urgence certains cas peuvent ne pas passer en commission, comme le précise M. Debain

A venir, plus de détails et d’explications sur ma démarche…

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Je trouvais le dernier post sur le blog de Bernard Debain pour le moins agressif. Mais Marc Sadoun et Daniel Farnier ont du répondant, car leurs derniers (?) tracts, découverts ce soir dans ma boîte aux lettres, sont également assez mordants.

Photos à l’appui, Marc Sadoun dénonce une ville livrée aux promoteurs et un commerce local en berne. Le constat est malheureusement brutal… et assez juste, mais c’est comme si notre petit Saintcyrix n’avait pas le droit de connaître la recette de la potion magique !

Dans un style moins pictural, Daniel Farnier mord sur sa droite (ZAC, circulation, piscine) et sur sa gauche (coût du programme, détail des affinités politiques). Je pense que dans les plans de Marc Sadoun, le sujet des bus coûte plutôt un peu moins de cent mille euros que plusieurs centaines de milliers - je sais, j’ai promis un article sur ce thème. Sur la peur de la voie routière, chacun connait les appréhensions du candidat, mais la voie est encore “optionnelle” donc il n’y a pas de passage en force définitif.

Quelques points communs entre les deux, cependant : la voiture et le PLU ! Pour le PLU, comme Saintcyrix aurait peut être du mal à tout comprendre, on ne rentre pas trop dans le détail pour le moment. C’est pourtant un sujet compliqué et passionnant, entre les sujets de rénovation urbaine, de plan local de déplacements, d’adéquation avec le schéma directeur de la région d’Ile de France, …

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benjamin on mars 7th, 2008

M. Debain vient de mettre en ligne un article sur son blog : “l’opposition cherche à effrayer autour du Mail Fabien”.

N’ayant pas assisté aux polémiques en question (et non, je ne peux pas participer à toutes les réunions publiques ; mais comme quoi mon rôle de “chien de garde” n’est pas forcément inutile), je me garderai de tout commentaire trop précis.

Plusieurs réactions me viennent à l’esprit. En premier lieu, qu’ il aurait été préférable de nommer, point après point, le ou les opposant(s) en question. Juste histoire de désamorcer la tentation d’une récupération politique grossière sur le thème “moi je suis gentil, mais les autres, c’est tous les mêmes”. En second lieu, qu’il s’agit peut-être d’une réaction à chaud, vite rédigée (confusion des “je”, “nous”, “monsieur Debain”) . En troisième lieu, que la première de ces “accusations” serait d’un amateurisme rare de la part d’un candidat.

Revenons donc brièvement sur ces 3 polémiques.

  • “les loyers HLM vont doubler”

Ridicule ! Qui aurait pu dire cela ? Et quel intérêt à donner de l’importance à de telles énormités ?
En revanche, s’il y a un thème trop souvent polémique, c’est bien les charges, qui elles peuvent grimper fortement, par exemple du fait d’un rappel salé de charges passées ou d’une mauvaise gestion structurelle des résidences. Il y a malheureusement quelques exemples récents (les plus médiatisés étant dans mes souvenirs à Vélizy) et il convient de faire preuve de précision à ce sujet !

  • “les places de parking à la place des espaces verts du mail Fabien”

Cela fait certainement référence aux aménagements liés au nouveau marché. Monsieur Debain, je veux bien croire que vos concurrents extrapolent à ce sujet, mais force est de reconnaître que s’il y avait eu un débat public, ou une maquette du projet visible par tous, il n’y aurait aucune polémique.

  • “la voie rapide sur le mail Fabien”

Cela fait sans doute volontairement écho au projet de bretelle d’entrée sur l’A12 en haut du mail Fabien évoqué à l’automne. Je comprends d’une discussion récente avec M. Debain que le projet de voie ébauché, à long terme, passerait par la route de l’aérodrome, prolongée au niveau du chemin de la Ratelle, et que donc ça ne traversera ni le coeur de la ZAC Renard, ni le mail Fabien. Donc pas de voie rapide sur le mail Fabien, CQFD.

Les clarifications des uns et des autres seront les bienvenues.

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benjamin on mars 6th, 2008

La démocratie locale, c’est simple, c’est essentiellement une question de volonté et de transparence. Sans trop revenir sur le passé, je me félicite que chacun des candidats prenne des engagements à ce sujet, pour des lendemains apaisés.

Pour la bonne information des citoyens, et les bonnes relations entre les futures majorité et opposition(s) municipales, bref dans l’intérêt de tous, il serait souhaitable que les trois candidats s’engagent sur un « Habeas corpus » sur les sujets liés aux pratiques démocratiques.

A mon sens, parmi ces grands principes doivent figurer :

  • une gestion transparente et sincère des conflits d’intérêt
  • la communication des comptes rendus du conseil municipal sur le site web de la mairie (ie, pas uniquement le relevé de décisions), ainsi qu’un résumé des faits marquants dans le journal municipal
  • une communication plus dynamique sur le budget, les permis de construire, les appels d’offres municipaux, les offres d’emploi, les projets de la ville, ce qui suppose en premier lieu un travail de fonds sur la maquette du site web de la ville (la traduction en anglais me semble à ce stade assez secondaire)
  • le principe du débat public en ce qui concerne les nouveaux équipements et investissements substantiels (explication des besoins, projets, budget d’investissement et coûts de fonctionnement). Par exemple, la ZAC Renard avait fait l’objet d’un débat public, car c’était obligatoire. Mais le marché, non !
  • le maintien de conseils de quartier réguliers
  • le multipartisme de la commission d’attributions des logements

Je suis pour un « Agenda 21 » (*), comme le proposent MM. Sadoun et Farnier, mais il faut être conscient de la lourdeur et de l’exigence d’un tel chantier, pour que cela ne reste pas un effet d’annonce.

Je suis bien évidemment favorable à la “participation de citoyens motivés” à certaines commissions, comme le propose M. Farnier (mais cela doit rester dans le cadre de la loi et des prérogatives des élus).

Je n’ai rien contre un conseil municipal des « jeunes », des « anciens », et pourquoi pas des gauchers ou des asthmatiques, mais cela reste à ce stade une préoccupation relativement secondaire… Ce sera surtout utile pour l’éducation citoyenne de la jeunesse… une fois que tous seront satisfaits du fonctionnement démocratique local.

(*) L’Agenda 21 est un programme d’actions pour le 21ème siècle orienté vers le développement durable, adopté par les pays signataires de la Déclaration de Rio de Janeiro en juin 1992. Demandez-en plus à votre moteur de recherche préféré !

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benjamin on mars 5th, 2008

Les débats sur le coût de la piscine ne sont pas que des chiffonnades…

Dans le « privé », quand on parle de comptabilité, on entend un bilan et un compte de résultat. Au bilan, l’actif et le passif, donc le « patrimoine ». Au compte de résultat, les recettes et les charges, donc le « budget courant ».

Pour une collectivité territoriale, point de bilan patrimonial. Une partie du passif est certes connue (l’endettement financier), mais personne ne recense jamais, et encore moins ne valorise, l’ensemble des actifs et passifs. Il y a un budget de fonctionnement (la « vie courante ») et un budget d’investissement. Le budget doit être équilibré chaque année, mais pour cela il suffit de trouver des « recettes » à mettre en face des « dépenses ». La vente de bijoux de famille et le recours à l’endettement sont des ingrédients possibles de ces recettes.

L’exemple de la piscine est archi classique : la vente du patrimoine de la commune apparaît en « recettes » pour boucler le plan de financement du centre aquatique. Et pi c’est tout, comme dirait le moniteur de natation le plus connu de France et de Navarre, car rien n’oblige à s’interroger sur le patrimoine de la commune, avant et après l’opération, ni sur la perte du foncier, ni sur la valeur de la piscine.

Alors que dans le « privé », les principes comptables évoluent et se raffinent avec le temps pour tenter de s’adapter aux réalités économiques (IFRS, …), les principes de comptabilité publique paraissent figés et immuables. C’est comme ça… mais rien n’interdit de mettre en place des outils de pilotage plus cohérents et plus utiles. Surtout si ça peut permettre d’encore mieux gérer la ville, et de désamorcer ou limiter les polémiques. En attendant, chacun ou presque peut dire n’importe quoi ou presque, et presque sans risque tant que les référentiels sont différents…

Aujourd’hui, peu s’interrogent sur le « patrimoine » de la commune. Ceux qui critiquent la vente du terrain de l’ancienne piscine sont assez peu diserts sur les solutions de réemploi de ce terrain qui auraient pu être mises en œuvre. De la même façon, réduire l’endettement, c’est bien. Expliquer parallèlement que les services municipaux sont bien gérés, et le patrimoine communal maintenu, c’est encore mieux !

Pour donner quelques autres exemples concrets, il n’est aujourd’hui pas possible de calculer ou comparer précisément le coût pour la ville par an et par enfant selon le mode de garde (crèche, mini crèche, …). Idem pour la rentabilité des projets d’économie d’énergie (ie, éclairage public). Probablement idem pour l’évolution par poste de dépense des coûts de fonctionnement à horizon 2-3 ans…

A l’heure d’Internet et du tout informatique, les Saint-cyriens, moi le premier, ne comprendraient pas qu’un candidat ne s’engage pas à développer/moderniser les outils de pilotage financier et économique, et à s’en servir dans l’intérêt collectif et de manière transparente, pour mieux piloter les finances de la ville, et mieux communiquer sur l’utilisation des deniers publics.

Que proposent les candidats à ce sujet, et à quoi s’engagent-ils ? Pour l’heure, à pas grand-chose, malheureusement… Est-ce pourtant demander la lune ?

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benjamin on mars 5th, 2008

[Edit 7 mars - Avant propos : cet article ne se voulait pas une synthèse sur le coût de construction (sujet qui par ailleurs n'a rien de honteux !), mais une mise en perspective plus générale. Vous lirez avec intérêt les réactions de MM. Debain et Farnier à cet article, et je viens de reprendre la rédaction, notamment le passage sur le coût, pour y ajouter plus de clarté.]
[Edit 8 mars - Il ne s'agit que de "quelques mots" sur la piscine. Je ne suis volontairement pas revenu sur la polémique sur la destruction de l'ancienne piscine et vous propose de vous documenter à ce sujet (*)]

Une piscine à Saint Cyr, c’est un luxe, et c’est un symbole.

Depuis les années 80, la revendication identitaire est devenue une sorte d’acquis communal. Il y avait une piscine en 2001, il y en a … une autre, depuis l’an dernier. Ce n’était pas dans le projet électoral (d’où le zéro euro promis ?) mais c’est vite devenu le fil rouge de toute la mandature. Je ne suis pas assez « ancien » pour faire un long rappel historique (*), mais de nombreux articles et tracts sont encore visibles sur les sites de l’’ACS Saint Cyr et d’ Agir 2008.


Quel coût pour les finances de la ville ?

Une question plus épineuse qu’il n’y parait. Selon les candidats, le curseur varie de quelques centaines de milliers d’euros à presque six millions d’euros.

Pour y répondre, il faut déjà reconstituer le coût de construction. Pour simplifier, disons “X”, mais je vous laisse vous faire votre opinion à la lecture des explications de MM. Debain et Farnier.

Ensuite, il faut réfléchir à la structure de financement. La ville a reçu un peu plus d’un million d’euros de subventions, et la vente à Franco Suisse du terrain de l’ancienne piscine a rapporté un peu plus de 3 millions d’euros.

Les deux approches extrèmes sur le “coût de la piscine à la charge de la ville” sont donc de “X-1″ et “X-1-3″ selon que l’on décide d’affecter, ou non, le produit de la vente de l’ancien terrain au budget de l’opération.
Mon avis est qu’il est exagéré de prendre en compte tout le produit de la vente dudit terrain, car la nouvelle piscine est excentrée et assise sur un foncier de moindre valeur. Le terrain vendu représente quelque part une “perte” de patrimoine pour la ville, à rapporter à la valeur du nouvel équipement (qui est une valeur d’utilité plus que financière). Il serait également exagéré de ne pas du tout prendre en compte le produit de la vente du terrain de l’ancienne piscine, car c’est bien le fait de réaliser un nouvel équipement ailleurs qui a permis l’opportunité de vendre du foncier dans des conditions économiques favorables.
Si l’on décide d’affecter la moitié de la vente du terrain de l’ancienne piscine (50* 3.2 = 1.6m) et les subventions réellement reçues (1.1m), on peut estimer le coût de la piscine pour la ville à “X-2.7″. Selon cette approche (mais je veux bien discuter de la méthodologie avec qui voudra), cela fait un coût pour la ville de 4.3m€ si l’on retient le coût de construction présenté par M. Farnier (et, de mémoire, M. Sadoun également), et de 2.1m€ si l’on retient le coût de construction présenté par M. Debain.

A noter, enfin, qu’il ne s’agit pas d’un coût déraisonnable dans l’absolu, mais qu’il aurait pu être moindre si la recherche de subventions avait été optimisée.

Quelle valeur d’utilité ?

La nouvelle piscine est incontestablement un équipement spacieux et de qualité, mais n’est plus une piscine de centre ville. Elle est excentrée alors que la ville a cédé du foncier à un des meilleurs emplacements de la ville. Cela “compense”-t-il le confort amélioré de la nouvelle piscine et le toit ouvrant ? Les avis peuvent valablement être partagés.

Dans un autre genre, si presque tout le monde va à la nouvelle piscine en voiture, ce n’était pas le cas avant, et les commerçants du centre-ville, par exemple, ont perdu des « opportunités de contact » avec la clientèle piétonne de l’ancienne piscine.

Il faudra également tirer les leçons du passé, faire attention à l’entretien et à la maîtrise des coûts de fonctionnement (pour le moment raisonnables, mais la piscine est toute neuve). Quels que soient les modes de financement, dans le temps, une piscine est un équipement onéreux pour une petite ville seule.

Que pouvait-on faire d’autre ?

Rénover l’ancienne piscine, parait-il affectée par un défaut de construction et mal entretenue pendant des années ? En construire une nouvelle au même endroit (donc sans plus-value foncière) ? Envisager sérieusement une piscine intercommunale avec Fontenay, voire Bois d’Arcy ? Chacun aura son avis sur la question… le mien est l’intercommunalité, sur laquelle on aurait pu insister un peu plus (lire également les précisions du maire à ce propos)

Le délégataire, une bonne solution ?

On dit que les associations ne devraient pas être écartées, que l’entrée coûte cher, que c’est la faute du délégataire, Vert Marine. C’est globalement vrai, mais Vert Marine agit dans un cadre contractuellement négocié avec la ville.

La cherté est assez évidente pour les familles dont les enfants prennent des cours de natation. Pour l’entrée seule, les formules d’abonnement sont relativement onéreuses, mais je pense que si l’on compare le coût des entrées avec les différentes formules avec les offres de l’ancienne piscine, en euros constants et à service constant, les écarts doivent être bien moindres que les 25% pointés par l’opposition de gauche. Le mieux servi est probablement le « sportif », qui, pour une carte 10 heures à 25 euros, peut faire 13 séances de trois quarts d’heure, dont certaines en nocturne après le travail !

Marc Sadoun et Daniel Farnier promettent de renégocier le contrat avec Vert Marine. Une renégociation unilatérale en faveur des associations et à coût nul pour la ville est irréaliste ! Vert Marine est un opérateur privé, mais cela ne veut pas dire non plus froid et hostile. Peu avant le nouvel an, j’ai eu l’occasion d’aller à la patinoire d’Angers, gérée par le même opérateur mais semble-t-il en bonne harmonie avec la mairie et les utilisateurs (jetez un coup d’œil à son site web, assez sympa). Sur le fonds, la meilleure manière de renégocier un contrat dans les intérêts de toutes les parties est surtout d’assurer une augmentation de la fréquentation…

Des suggestions concrètes !

… pour cela, pas grand-chose n’a encore été fait, mais plusieurs pistes sont possibles. Une meilleure promotion de l’équipement par la mairie (journées porte ouvertes, offres promotionnelles, …) pour développer la base de clientèle. La négociation de conventions bilatérales avec les villes voisines sans piscine (ex : Fontenay, pour tout lemonde et pas que les écoliers !). Ne pas fermer la piscine entre 13h et 14h le week-end pour attirer un peu plus de monde… Adjoindre à la piscine quelques pelouses du parc Maurice Leluc et mettre à la belle saison plus de transats en plein air. Il y a largement la place (voir photo ci-dessous), et cela valorisera mieux côté « ouvert » de la piscine et renforcera l’offre « loisirs » d’un centre aquatique « familial », avec bassin ludique, toboggan, toit ouvrant et pelouse extérieure pour tous, pas seulement les 10 premiers arrivés… En un mot, ça permettra de profiter davantage du nouvel emplacement de la piscine et de ne plus regretter l’ancien ;-)

Qu’en pensent les uns et les autres ? Et que proposent les candidats ?

D’ici là, j’espère que ce ne seront pas les finances de la ville qui plongeront, mais vous… Allez, tous à l’eau, vous retrouverez toutes les informations pratiques sur les sites de la mairie et de Vert Marine.

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benjamin on mars 4th, 2008

Voici, un peu dans le désordre, les titres provisoires des prochains articles. Le temps presse ;-)

  • Piscine : bilan ou symbole ?
  • Les finances de la ville : de la comptabilité publique à la comptabilité analytique
  • Bus gratuits : un timide « oui mais », mais pas pour les mêmes raisons que M. Sadoun
  • Marché : presque plus de questions que de réponses
  • Démocratie locale, de la théorie à la pratique
  • « On ne peut plus se loger à St Cyr, c’est la faute des promoteurs »
  • PLU, ZAC, urbanisme et densité
  • Petit florilège (ou bêtisier) des promesses de campagne
  • Apprendre à oser

En bleu, les articles déjà publiés. En rouge, les autres…

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benjamin on mars 3rd, 2008

En l’an 2008 après Jésus Christ, un petit village gaulois lutte et résiste contre l’envahisseur.

Saintcyrix a toujours vécu dans le village. La mémoire collective est très importante. Le village a été ravagé par les boules de feu lors de la dernière guerre avec les saxons. Alors que les trente glorieuses ont vu sa reconstruction et son extension, les trente années suivantes ont été moins heureuses et le village lui semble moins prospère qu’avant, surtout comparé aux bourgs d’à côté. Pour sa part, Saintcyrix a vécu globalement heureux, est devenu un bon père de famille travailleur, discipliné et impliqué dans la vie associative du village.

Mais depuis quelques années, pourtant, le monde change. Il se murmure que dans la région, les relations avec les bourgades alentours sont plus amicales que dans le passé, et Saintcyrix constate bien que beaucoup de gaulois d’autres contrées sont récemment venus s’installer dans le village. Il les considère globalement gentils, même s’il sent bien qu’ils ne sont pas tout à fait du coin, mais il a peur que de leur faute, ses enfants n’aient plus de chaumière pour l’avenir et doivent quitter le village.

Mais d’autres étrangers sont plus méchants, comme ceux qui traversent les chemins de la ville matin et soir et encombrent les chemins, ou comme ceux qui construisent des nouvelles chaumières plus jolies mais pas pour eux. Saintcyrix n’aime pas trop ces nouveaux commerçants qui souillent le sol sacré et vont faire venir encore plus d’étrangers.

Saintcyrix se méfie, mais il se reprend à rêver. Il espère que le vent du changement ne va pas annoncer une grande tempête, mais apporter plus de modernité. Comble de l’organisation néo-romaine, le chef du village est depuis peu conseillé par un triumvirat, chacun d’entre eux rivalisant d’idées pour assurer le bonheur, l’indépendance et la prospérité du village.

On lui promet que les étrangers, ceux qui traversent le village sans s’y arrêter, vont vouloir y investir beaucoup de sesterces, créer des ateliers et payer des impôts. Que les villageois pourront travailler dans ces nouveaux ateliers, mais aussi, pour beaucoup, loger dans les chaumières publiques, tant celles d’aujourd’hui que celles que les étrangers vont continuer à construire. Les méchants étrangers (les autres), emprunteront un nouveau chemin pour ne plus traverser le village. Saintcyrix verra passer plus souvent le cheval vapeur pour se déplacer à grande vitesse dans la région. Et pourra continuer à acheter du poisson frais au nouveau marché, lire des jolis manuscrits à la nouvelle bibliothèque, sculpter son corps dans les nouveaux gymnases. Et surtout, faire beaucoup de nouveaux petits habitants et voir les villageoises s’occuper des jeunes enfants pendant qu’il va au labeur. Enfin, il entend dire que les carrioles du village seront plus nombreuses et, surtout, gratuites.

Saintcyrix est ravi de tout cet apport du monde moderne pour le principal bénéfice des villageois, mais se dit quand même que ça fait beaucoup de promesses. Il avait déjà l’intuition qu’une nouvelle pataugeoire gratuite, ça tombait difficilement du ciel, par Toutatis !

Aujourd’hui, le vieux chef du village va céder sa place. Le triumvirat se déchire. Un d’entre eux va devenir le nouveau chef du village. Saintcyrix pense que chacun des trois ferait un bon chef, mais se demande qui sera le meilleur…

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