par benjamin, le 16 oct 2008

Parfois, un peu de vulgarisation permet de mieux remettre les idées en place. La petite histoire ci-dessous serait drôle si elle n’était pas autant inspirée par l’actualité.

Et pour être plus complet, il faudrait aussi préciser que la buvette de Mr Hoche, à High Street, va aussi faire faillite. Ses clients payaient cash. C’étaient les banquiers, parfois tout aussi fidèles consommateurs que les ivrognes de Bertincourt. Mais aujourd’hui, Mr Hoche n’a plus beaucoup de clients non plus.

*Crise des subprimes: une explication très simple pour ceux qui essayent encore de comprendre*

Alors voilà, Mme Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.

Vu qu’elle vend à crédit, Mme Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du ‘calva’ et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale, quant à lui, pense que les ‘ardoises’ du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.

Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs ‘recouvrables’ en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n’est capable de comprendre.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier ou de collatéral sur le marché et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, aux Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).

Ces ‘dérivés’ sont alors négociés pendant des années comme s’il s’agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.

Jusqu’au jour où quelqu’un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n’ont pas un rond pour payer leurs dettes.

La buvette de Mme Ginette fait faillite.

Et le monde entier l’a dans le cul….

par benjamin, le 16 sept 2008

« L’édition de ce jour n’ayant pu être distribuée dans vos kiosques, vous pouvez télécharger gratuitement l’édition du 16 septembre du journal l’Equipe », annonce en une le site web du quotidien.

Merci ! L’édition est intéressante car comme débute la Ligue des Champions, il y a les équipes-type des 32 équipes qualifiées, et parmi elles quelques nouvelles têtes sympathiques et pas données perdantes d’avance, comme Cluj ou Famagouste. Retrouvez le journal en pdf ici ou .

Merci, mais merci qui ? Tous simplement aux nouvelles (sic) messageries de la presse parisienne, plus connues sous l’acronyme NMPP.

En effet, le syndicat du livre figure parmi les « durs des durs », en glorieuse compagnie des contrôleurs aériens, éboueurs marseillais, équipiers de la SNCM, et tant d’autres. Les points communs ? Quelques bastions noyautés par des syndicats localement très radicaux, une forte aversion au changement, et un pouvoir de nuisance évident qui va bien au-delà de l’enjeu de quelques centaines ou milliers de personnes. Toujours dans la logique du rapport de force et de la grève « préventive », et pas toujours pour de bonnes raisons. Et rares sont les bonnes solutions, car tout cela aboutit généralement à un certain immobilisme difficile à contenir. Généralement, plus le temps passe, plus dur sera l’adaptation…

Cette fois-ci, « pour une fois », le conflit est notoirement latent depuis plusieurs mois et un sanglant plan de réorganisation (adaptation, modernisation, productivité, …). Difficile à accepter, difficile de rayer d’un trait des années d’occasions ratées. Dans le cas présent, les négociations sont en cours, et la grève pas utilisée en premier recours. Si si, il y a une certaine indulgence, au vu du blocage historique…Timide progrès, donc, et à encourager (pas la grève, mais les négos !).

Le cas est intéressant, les NMPP tirant leur organisation de besoins logistiques datant de l’après-guerre. Les challenges sont nombreux, comme par exemple les gratuits, les tentations récurrentes de certains opérateurs (le Parisien, …), le déficit conséquent des abonnements/distribution pour La Poste, probablement à résorber quand La Poste sera moins étatisée …

A suivre, donc. Espérons qu’il y ait peu de dégâts collatéraux, mais aujourd’hui, réjouissons-nous, cols blancs et cols bleus venons de « gagner » 85 centimes de pouvoir d’achat ;-)