Syngenta était devenue malgré elle un symbole de Saint Cyr… et plus particulièrement de son manque d’attractivité économique, puisque régulièrement citée comme « la seule entreprise significative » à s’être installée à Saint Cyr ces dernières années. Pas la peine de relancer le débat “nouvelle équipe vs ancienne équipe”, cela fait des années qu’il y a un problème !
A la clef, 210 000 euros annuels de taxe professionnelle, dont le paiement ne sera pas renouvelé à partir de l’an prochain s’il n’y a pas de successeur dans ces locaux.

Ainsi, arrivée dans un immeuble neuf en bordure de ville haute il y a 6 ans, Syngenta va déménager à Guyancourt, dans un immeuble à nouveau flambant neuf, « de très haut standing », bien que plus petit. C’était dans l’air du temps, et fut confirmé il y a quelques jours. Le déménagement pourrait commencer dès le mois de mars.
Est-ce un drame pour l’équipe municipale ? Assurément, car une telle nouvelle à quelques semaines des élections va donner du plomb dans l’aile aux discours sur le redéveloppement économique, et nul doute que l’argument sera repris lourdement par les listes concurrentes. Le bilan du 6è adjoint, délégué au ressources humaines, au développement de la ville et aux illuminations, déjà terni par l’envolée irrésistible des charges de personnel, risque de devenir particulièrement difficile à défendre.
Est-ce un drame pour la ville ? Oui et non. Oui, car à court terme, la nouvelle a de quoi inquiéter les tenants d’un développement économique prioritaire dans la ZAC Renard (pourtant, un tel développement est crucial pour l’avenir de Saint Cyr). Pour figer des ordres de grandeur, le maire espère réaliser sur cette zone l’équivalent de six fois les locaux qu’occupaient Syngenta ; et les deux challengers probablement plus.
Cependant, la taxe professionnelle étant assise sur les valeur locatives ou corporelles, une relocation du bâtiment pourrait par exemple augmenter l’assiette.
Rappelons que l’immeuble avait changé de propriétaire l’an dernier ; nul doute que ce nouvel investisseur ne restera pas les bras croisés, car sa propre perte de revenu est bien supérieure au manque à gagner pour la ville.
Pour donner (encore) des ordres de grandeur, le bâtiment « valait » grosso modo 15 millions d’euros à sa livraison en 2002 (prix 2007 inconnu), et Syngenta va maintenant payer un loyer annuel supérieur au million d’euros (ce qui est fort probablement supérieur au loyer actuel).
L’heure n’est plus aux lamentations. Bon vent à Syngenta, en espérant toutefois que les quelques saint-cyriens qui y travaillent restent chez nous
Ce qu’il faut maintenant, c’est faire un diagnostic des forces et faiblesses de la ville dans un contexte de pression locale croissante (SQY, Satory, …) ainsi que de reconcentration de nombre d’entreprises en proche couronne (pour n’en citer qu’une, Sodexo qui quitte SQY pour Issy les Moulineaux), entre autres liée à la densification de la “ceinture rouge” ex-industrieuse et aux questions d’accessibilité en transports, alors que l’OIN va mettre du temps à porter ses fruits pour Saint Cyr.
La ville doit réussir à capitaliser sur sa marque (son nom !), son accessibilité et sa proximité des pôles de Versailles et Saint Quentin en Yvelines. C’est beaucoup de travail, ça mériterait presque un adjoint entièrement attitré aux finances et au développement économique, motivé, gestionnaire et pragmatique ! Bien au-delà des questions de personnes, c’est aussi et surtout une question de priorités. Tout un programme !
