benjamin on mars 12th, 2008

Victorieux dès le premier tour, Bernard Debain sort de ces élections avec une légitimité renforcée et pourra poursuivre tranquillement le développement de ses projets pour la ville. Il avait vite compris … qu’il ne fallait surtout pas trop faire campagne et jouer à plein la carte du sortant.

« Saint-Cyr change, Continuons ensemble » était une fidèle signature pour son programme. Le maire a logiquement mis en avant son bilan et son image de maire de proximité, de tous les jours (« 13h TF1 »). Et de tous les quartiers, car les résultats par bureau de vote sont globalement homogènes, autre petite surprise.

Bernard Debain avait également vraiment musclé sa campagne pendant les derniers jours, un peu à l’image d’une équipe de foot qui veut conserver son avantage « à l’italienne » à quelques minutes de la fin du match (*). Cela a dû forcer la décision dès le premier tour.

Bernard Debain a également profité de plusieurs facteurs externes, qui tous réunis ont concouru à augmenter son avance quel que soit le niveau de la campagne de ses adversaires :

  • la prime au sortant est traditionnellement d’autant plus importante que l’usure du pouvoir et la participation sont faibles. Ici, bien évidemment aucune usure du pouvoir, et une participation (56%) identique à Paris ou Versailles. De manière plus générale, que ce soit à Paris, Bordeaux, ou plus près de nous à Bois d’Arcy ou Fontenay le Fleury, les sortants ont globalement mieux réussi qu’escompté
  • la gauche dont l’ancrage des communistes, encore important, semble vraiment peser (à l’occasion, je reviendrai peut-être sur certains tracts du PC distribués dans les mois précédant l’élection)
  • le glissement vers la droite d’un grand nombre de banlieues résidentielles, et ce pour des raisons sociologiquement plus complexes que « les nouveaux habitants sont des riches »
  • un paradoxal « effet Lavaud ». Le changement est facteur de risque, et le souvenir de l’ex maire est tenace. Plutôt que de prendre le risque d’encore changer de maire et d’en « tester » un quatrième depuis le début du siècle, quand bien même les profils sont différents, autant continuer avec le maire en place puisque son action est jugée globalement satisfaisante. En langage financier, on parlerait d’aversion au risque. En langage politique, la traduction est un peu plus injuste, surtout de la part de la majorité actuelle : “regardez-moi ce parachuté[, ça ne vous rappelle rien ?]“

En face, Marc Sadoun et Daniel Farnier ont été davantage présents. Je pense que la campagne de Marc Sadoun était globalement bonne, un peu « péchue » parfois, avec une communication professionnelle et une image maîtrisée. « Mais » l’inflation des propositions a fait ressortir le spectre du dérapage des finances publiques locales et ses opposants ont su le contrer sur certains sujets sans même trop chercher à rentrer dans les détails. Le bus n’a pas aidé. Son score est faible, j’en fus assez surpris, et il est quelque part dommage qu’une telle personnalité n’ait pas sa chance dans un mandat local, à Saint Cyr ou ailleurs.

Daniel Farnier, pour sa part, occupait le terrain et nourrissait le débat avec son blog depuis des mois. Mais c’est comme s’il s’était fait asphyxier par le maire, et nombre de saint-cyriens ont probablement plus retenu les « polémiques » que les propositions et le profil de politique qu’il souhaitait développer à Saint Cyr. C’est bien difficile de faire campagne en passant autant de temps à répondre au maire. Il lui manquait peut être également un support logistique, la communication des « grands partis », notamment les plaquettes de programme, semblant mieux assurée.

Enfin, il ne s’agit que de mon analyse à chaud, et c’est toujours plus facile de faire des commentaires a posteriori.

(*) les amateurs de football pourront réfléchir sur le parallèle entre le dernier tract du maire et Lyon-Bordeaux. Lyon mène 3-2 à l’approche de la fin du match, et un défenseur lyonnais se « sacrifie » pour « assassiner » le meilleur joueur bordelais qui doit quitter le stade sur une civière. Lyon était globalement meilleur, mais sa victoire paraît du coup un poil moins « glorieuse »…

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benjamin on mars 9th, 2008

Je recopie le communiqué présenté sur le site de la mairie

Les Saint-Cyriens se sont rendus aux urnes le dimanche 9 mars pour départir les trois listes candidates à la mairie de Saint-Cyr-l’Ecole.

5869 personnes se sont déplacées aux urnes lors de ce premier tour.
Le taux de participation se situe à 56,6 %.

Résultats sur l’ensemble des 10 bureaux de vote :
La liste N°1 « Saint-Cyr, avançons ensemble » conduite par Marc Sadoun a obtenu 34,5% des suffrages ;
la liste N° 2 « Agir pour Saint-Cyr » conduite par Daniel Farnier a obtenu 15% des suffrages ;
la liste N°3 « Saint-Cyr au cœur » conduite par Bernard Debain a obtenu 50,6% des suffrages.

Voici la liste des résultats par bureau de vote et la composition du nouveau conseil municipal.

Stcyrblog présentera lundi soir son analyse des résultats.

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benjamin on mars 9th, 2008

Aujourd’hui, nous élisons l’équipe municipale qui va gérer la ville pendant les six prochaines années. C’est important.

 

Le maire est traditionnellement l’élu le plus populaire dans notre système politique. Il est au four et au moulin, à l’aérodrome et devant l’école. Il se doit d’être proche des gens et de leurs petits problèmes, accessible, et en même temps garder suffisamment de hauteur de vue pour les grandes décisions qui conditionneront l’avenir des territoires.

Ses responsabilités sont importantes : le maire est le premier magistrat de la commune, assure le maintien de l’ordre public et dirige le personnel municipal (environ 300 personnes à Saint Cyr).

Son mandat est un CDD, et il doit bien souvent concilier son rôle d’élu avec ses propres engagements professionnels.

Il doit également savoir s’entourer, il anime son équipe municipale, il préside les conseils municipaux et participe à bien des événements, d’inaugurations en commémorations.

Bref, on ne le dit pas assez, c’est un engagement formidable !

Ce dimanche a lieu le premier tour. Trois projets de ville, chacun ayant son caractère, nous sont proposés. Comme moi, vous comparerez probablement les listes selon leurs projets, les candidats selon leur personnalité, ambition et raison, et les équipes selon leur compétence et complémentarité.

Le droit de vote, donc de choisir ses représentants, a été acquis de haute lutte. Le principe d’une commune administrée par un conseil municipal élu par les habitants date de la Révolution. Aujourd’hui, nul besoin d’être révolutionnaire, un seul petit geste suffira : votons !

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benjamin on mars 8th, 2008

Edit 8 mars. Excellente nouvelle : les candidats sont tous d’accord pour respecter les “bonnes pratiques” suivantes.

  • une gestion transparente et sincère des conflits d’intérêt
  • le principe de la concertation publique en ce qui concerne les nouveaux équipements/investissements substantiels
  • la communication des comptes rendus du conseil municipal sur le site web de la mairie ainsi qu’un résumé des principales décisions dans le journal municipal
  • une information sur l’incidence estimée des projets d’investissement sur le budget de fonctionnement (coûts ou économies) lors de leur présentation
  • une communication plus dynamique sur le budget, les grands projets de la ville (y compris les permis de construire “importants” (*)), les offres d’emploi et appels d’offres
  • l’investissement dans des outils de comptabilité analytique pour un meilleur pilotage/information des finances publiques
  • le maintien des réunions de quartier / conseils de quartier
  • une commission d’attributions des logements composée d’élus de la majorité, de l’opposition, et éventuellement de membres d’associations locales (**)

(*) à noter que ceux-ci sont de toute façon consultables au service de l’urbanisme. Il s’agit essentiellement de donner plus d’information et de visibilité sur les projets importants
(**) étant entendu que pour des raisons d’urgence certains cas peuvent ne pas passer en commission, comme le précise M. Debain

A venir, plus de détails et d’explications sur ma démarche…

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Je trouvais le dernier post sur le blog de Bernard Debain pour le moins agressif. Mais Marc Sadoun et Daniel Farnier ont du répondant, car leurs derniers (?) tracts, découverts ce soir dans ma boîte aux lettres, sont également assez mordants.

Photos à l’appui, Marc Sadoun dénonce une ville livrée aux promoteurs et un commerce local en berne. Le constat est malheureusement brutal… et assez juste, mais c’est comme si notre petit Saintcyrix n’avait pas le droit de connaître la recette de la potion magique !

Dans un style moins pictural, Daniel Farnier mord sur sa droite (ZAC, circulation, piscine) et sur sa gauche (coût du programme, détail des affinités politiques). Je pense que dans les plans de Marc Sadoun, le sujet des bus coûte plutôt un peu moins de cent mille euros que plusieurs centaines de milliers - je sais, j’ai promis un article sur ce thème. Sur la peur de la voie routière, chacun connait les appréhensions du candidat, mais la voie est encore “optionnelle” donc il n’y a pas de passage en force définitif.

Quelques points communs entre les deux, cependant : la voiture et le PLU ! Pour le PLU, comme Saintcyrix aurait peut être du mal à tout comprendre, on ne rentre pas trop dans le détail pour le moment. C’est pourtant un sujet compliqué et passionnant, entre les sujets de rénovation urbaine, de plan local de déplacements, d’adéquation avec le schéma directeur de la région d’Ile de France, …

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benjamin on mars 7th, 2008

M. Debain vient de mettre en ligne un article sur son blog : “l’opposition cherche à effrayer autour du Mail Fabien”.

N’ayant pas assisté aux polémiques en question (et non, je ne peux pas participer à toutes les réunions publiques ; mais comme quoi mon rôle de “chien de garde” n’est pas forcément inutile), je me garderai de tout commentaire trop précis.

Plusieurs réactions me viennent à l’esprit. En premier lieu, qu’ il aurait été préférable de nommer, point après point, le ou les opposant(s) en question. Juste histoire de désamorcer la tentation d’une récupération politique grossière sur le thème “moi je suis gentil, mais les autres, c’est tous les mêmes”. En second lieu, qu’il s’agit peut-être d’une réaction à chaud, vite rédigée (confusion des “je”, “nous”, “monsieur Debain”) . En troisième lieu, que la première de ces “accusations” serait d’un amateurisme rare de la part d’un candidat.

Revenons donc brièvement sur ces 3 polémiques.

  • “les loyers HLM vont doubler”

Ridicule ! Qui aurait pu dire cela ? Et quel intérêt à donner de l’importance à de telles énormités ?
En revanche, s’il y a un thème trop souvent polémique, c’est bien les charges, qui elles peuvent grimper fortement, par exemple du fait d’un rappel salé de charges passées ou d’une mauvaise gestion structurelle des résidences. Il y a malheureusement quelques exemples récents (les plus médiatisés étant dans mes souvenirs à Vélizy) et il convient de faire preuve de précision à ce sujet !

  • “les places de parking à la place des espaces verts du mail Fabien”

Cela fait certainement référence aux aménagements liés au nouveau marché. Monsieur Debain, je veux bien croire que vos concurrents extrapolent à ce sujet, mais force est de reconnaître que s’il y avait eu un débat public, ou une maquette du projet visible par tous, il n’y aurait aucune polémique.

  • “la voie rapide sur le mail Fabien”

Cela fait sans doute volontairement écho au projet de bretelle d’entrée sur l’A12 en haut du mail Fabien évoqué à l’automne. Je comprends d’une discussion récente avec M. Debain que le projet de voie ébauché, à long terme, passerait par la route de l’aérodrome, prolongée au niveau du chemin de la Ratelle, et que donc ça ne traversera ni le coeur de la ZAC Renard, ni le mail Fabien. Donc pas de voie rapide sur le mail Fabien, CQFD.

Les clarifications des uns et des autres seront les bienvenues.

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La démocratie locale, c’est simple, c’est essentiellement une question de volonté et de transparence. Sans trop revenir sur le passé, je me félicite que chacun des candidats prenne des engagements à ce sujet, pour des lendemains apaisés.

Pour la bonne information des citoyens, et les bonnes relations entre les futures majorité et opposition(s) municipales, bref dans l’intérêt de tous, il serait souhaitable que les trois candidats s’engagent sur un « Habeas corpus » sur les sujets liés aux pratiques démocratiques.

A mon sens, parmi ces grands principes doivent figurer :

  • une gestion transparente et sincère des conflits d’intérêt
  • la communication des comptes rendus du conseil municipal sur le site web de la mairie (ie, pas uniquement le relevé de décisions), ainsi qu’un résumé des faits marquants dans le journal municipal
  • une communication plus dynamique sur le budget, les permis de construire, les appels d’offres municipaux, les offres d’emploi, les projets de la ville, ce qui suppose en premier lieu un travail de fonds sur la maquette du site web de la ville (la traduction en anglais me semble à ce stade assez secondaire)
  • le principe du débat public en ce qui concerne les nouveaux équipements et investissements substantiels (explication des besoins, projets, budget d’investissement et coûts de fonctionnement). Par exemple, la ZAC Renard avait fait l’objet d’un débat public, car c’était obligatoire. Mais le marché, non !
  • le maintien de conseils de quartier réguliers
  • le multipartisme de la commission d’attributions des logements

Je suis pour un « Agenda 21 » (*), comme le proposent MM. Sadoun et Farnier, mais il faut être conscient de la lourdeur et de l’exigence d’un tel chantier, pour que cela ne reste pas un effet d’annonce.

Je suis bien évidemment favorable à la “participation de citoyens motivés” à certaines commissions, comme le propose M. Farnier (mais cela doit rester dans le cadre de la loi et des prérogatives des élus).

Je n’ai rien contre un conseil municipal des « jeunes », des « anciens », et pourquoi pas des gauchers ou des asthmatiques, mais cela reste à ce stade une préoccupation relativement secondaire… Ce sera surtout utile pour l’éducation citoyenne de la jeunesse… une fois que tous seront satisfaits du fonctionnement démocratique local.

(*) L’Agenda 21 est un programme d’actions pour le 21ème siècle orienté vers le développement durable, adopté par les pays signataires de la Déclaration de Rio de Janeiro en juin 1992. Demandez-en plus à votre moteur de recherche préféré !

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benjamin on mars 5th, 2008

Les débats sur le coût de la piscine ne sont pas que des chiffonnades…

Dans le « privé », quand on parle de comptabilité, on entend un bilan et un compte de résultat. Au bilan, l’actif et le passif, donc le « patrimoine ». Au compte de résultat, les recettes et les charges, donc le « budget courant ».

Pour une collectivité territoriale, point de bilan patrimonial. Une partie du passif est certes connue (l’endettement financier), mais personne ne recense jamais, et encore moins ne valorise, l’ensemble des actifs et passifs. Il y a un budget de fonctionnement (la « vie courante ») et un budget d’investissement. Le budget doit être équilibré chaque année, mais pour cela il suffit de trouver des « recettes » à mettre en face des « dépenses ». La vente de bijoux de famille et le recours à l’endettement sont des ingrédients possibles de ces recettes.

L’exemple de la piscine est archi classique : la vente du patrimoine de la commune apparaît en « recettes » pour boucler le plan de financement du centre aquatique. Et pi c’est tout, comme dirait le moniteur de natation le plus connu de France et de Navarre, car rien n’oblige à s’interroger sur le patrimoine de la commune, avant et après l’opération, ni sur la perte du foncier, ni sur la valeur de la piscine.

Alors que dans le « privé », les principes comptables évoluent et se raffinent avec le temps pour tenter de s’adapter aux réalités économiques (IFRS, …), les principes de comptabilité publique paraissent figés et immuables. C’est comme ça… mais rien n’interdit de mettre en place des outils de pilotage plus cohérents et plus utiles. Surtout si ça peut permettre d’encore mieux gérer la ville, et de désamorcer ou limiter les polémiques. En attendant, chacun ou presque peut dire n’importe quoi ou presque, et presque sans risque tant que les référentiels sont différents…

Aujourd’hui, peu s’interrogent sur le « patrimoine » de la commune. Ceux qui critiquent la vente du terrain de l’ancienne piscine sont assez peu diserts sur les solutions de réemploi de ce terrain qui auraient pu être mises en œuvre. De la même façon, réduire l’endettement, c’est bien. Expliquer parallèlement que les services municipaux sont bien gérés, et le patrimoine communal maintenu, c’est encore mieux !

Pour donner quelques autres exemples concrets, il n’est aujourd’hui pas possible de calculer ou comparer précisément le coût pour la ville par an et par enfant selon le mode de garde (crèche, mini crèche, …). Idem pour la rentabilité des projets d’économie d’énergie (ie, éclairage public). Probablement idem pour l’évolution par poste de dépense des coûts de fonctionnement à horizon 2-3 ans…

A l’heure d’Internet et du tout informatique, les Saint-cyriens, moi le premier, ne comprendraient pas qu’un candidat ne s’engage pas à développer/moderniser les outils de pilotage financier et économique, et à s’en servir dans l’intérêt collectif et de manière transparente, pour mieux piloter les finances de la ville, et mieux communiquer sur l’utilisation des deniers publics.

Que proposent les candidats à ce sujet, et à quoi s’engagent-ils ? Pour l’heure, à pas grand-chose, malheureusement… Est-ce pourtant demander la lune ?

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benjamin on mars 5th, 2008

[Edit 7 mars - Avant propos : cet article ne se voulait pas une synthèse sur le coût de construction (sujet qui par ailleurs n'a rien de honteux !), mais une mise en perspective plus générale. Vous lirez avec intérêt les réactions de MM. Debain et Farnier à cet article, et je viens de reprendre la rédaction, notamment le passage sur le coût, pour y ajouter plus de clarté.]
[Edit 8 mars - Il ne s'agit que de "quelques mots" sur la piscine. Je ne suis volontairement pas revenu sur la polémique sur la destruction de l'ancienne piscine et vous propose de vous documenter à ce sujet (*)]

Une piscine à Saint Cyr, c’est un luxe, et c’est un symbole.

Depuis les années 80, la revendication identitaire est devenue une sorte d’acquis communal. Il y avait une piscine en 2001, il y en a … une autre, depuis l’an dernier. Ce n’était pas dans le projet électoral (d’où le zéro euro promis ?) mais c’est vite devenu le fil rouge de toute la mandature. Je ne suis pas assez « ancien » pour faire un long rappel historique (*), mais de nombreux articles et tracts sont encore visibles sur les sites de l’’ACS Saint Cyr et d’ Agir 2008.


Quel coût pour les finances de la ville ?

Une question plus épineuse qu’il n’y parait. Selon les candidats, le curseur varie de quelques centaines de milliers d’euros à presque six millions d’euros.

Pour y répondre, il faut déjà reconstituer le coût de construction. Pour simplifier, disons “X”, mais je vous laisse vous faire votre opinion à la lecture des explications de MM. Debain et Farnier.

Ensuite, il faut réfléchir à la structure de financement. La ville a reçu un peu plus d’un million d’euros de subventions, et la vente à Franco Suisse du terrain de l’ancienne piscine a rapporté un peu plus de 3 millions d’euros.

Les deux approches extrèmes sur le “coût de la piscine à la charge de la ville” sont donc de “X-1″ et “X-1-3″ selon que l’on décide d’affecter, ou non, le produit de la vente de l’ancien terrain au budget de l’opération.
Mon avis est qu’il est exagéré de prendre en compte tout le produit de la vente dudit terrain, car la nouvelle piscine est excentrée et assise sur un foncier de moindre valeur. Le terrain vendu représente quelque part une “perte” de patrimoine pour la ville, à rapporter à la valeur du nouvel équipement (qui est une valeur d’utilité plus que financière). Il serait également exagéré de ne pas du tout prendre en compte le produit de la vente du terrain de l’ancienne piscine, car c’est bien le fait de réaliser un nouvel équipement ailleurs qui a permis l’opportunité de vendre du foncier dans des conditions économiques favorables.
Si l’on décide d’affecter la moitié de la vente du terrain de l’ancienne piscine (50* 3.2 = 1.6m) et les subventions réellement reçues (1.1m), on peut estimer le coût de la piscine pour la ville à “X-2.7″. Selon cette approche (mais je veux bien discuter de la méthodologie avec qui voudra), cela fait un coût pour la ville de 4.3m€ si l’on retient le coût de construction présenté par M. Farnier (et, de mémoire, M. Sadoun également), et de 2.1m€ si l’on retient le coût de construction présenté par M. Debain.

A noter, enfin, qu’il ne s’agit pas d’un coût déraisonnable dans l’absolu, mais qu’il aurait pu être moindre si la recherche de subventions avait été optimisée.

Quelle valeur d’utilité ?

La nouvelle piscine est incontestablement un équipement spacieux et de qualité, mais n’est plus une piscine de centre ville. Elle est excentrée alors que la ville a cédé du foncier à un des meilleurs emplacements de la ville. Cela “compense”-t-il le confort amélioré de la nouvelle piscine et le toit ouvrant ? Les avis peuvent valablement être partagés.

Dans un autre genre, si presque tout le monde va à la nouvelle piscine en voiture, ce n’était pas le cas avant, et les commerçants du centre-ville, par exemple, ont perdu des « opportunités de contact » avec la clientèle piétonne de l’ancienne piscine.

Il faudra également tirer les leçons du passé, faire attention à l’entretien et à la maîtrise des coûts de fonctionnement (pour le moment raisonnables, mais la piscine est toute neuve). Quels que soient les modes de financement, dans le temps, une piscine est un équipement onéreux pour une petite ville seule.

Que pouvait-on faire d’autre ?

Rénover l’ancienne piscine, parait-il affectée par un défaut de construction et mal entretenue pendant des années ? En construire une nouvelle au même endroit (donc sans plus-value foncière) ? Envisager sérieusement une piscine intercommunale avec Fontenay, voire Bois d’Arcy ? Chacun aura son avis sur la question… le mien est l’intercommunalité, sur laquelle on aurait pu insister un peu plus (lire également les précisions du maire à ce propos)

Le délégataire, une bonne solution ?

On dit que les associations ne devraient pas être écartées, que l’entrée coûte cher, que c’est la faute du délégataire, Vert Marine. C’est globalement vrai, mais Vert Marine agit dans un cadre contractuellement négocié avec la ville.

La cherté est assez évidente pour les familles dont les enfants prennent des cours de natation. Pour l’entrée seule, les formules d’abonnement sont relativement onéreuses, mais je pense que si l’on compare le coût des entrées avec les différentes formules avec les offres de l’ancienne piscine, en euros constants et à service constant, les écarts doivent être bien moindres que les 25% pointés par l’opposition de gauche. Le mieux servi est probablement le « sportif », qui, pour une carte 10 heures à 25 euros, peut faire 13 séances de trois quarts d’heure, dont certaines en nocturne après le travail !

Marc Sadoun et Daniel Farnier promettent de renégocier le contrat avec Vert Marine. Une renégociation unilatérale en faveur des associations et à coût nul pour la ville est irréaliste ! Vert Marine est un opérateur privé, mais cela ne veut pas dire non plus froid et hostile. Peu avant le nouvel an, j’ai eu l’occasion d’aller à la patinoire d’Angers, gérée par le même opérateur mais semble-t-il en bonne harmonie avec la mairie et les utilisateurs (jetez un coup d’œil à son site web, assez sympa). Sur le fonds, la meilleure manière de renégocier un contrat dans les intérêts de toutes les parties est surtout d’assurer une augmentation de la fréquentation…

Des suggestions concrètes !

… pour cela, pas grand-chose n’a encore été fait, mais plusieurs pistes sont possibles. Une meilleure promotion de l’équipement par la mairie (journées porte ouvertes, offres promotionnelles, …) pour développer la base de clientèle. La négociation de conventions bilatérales avec les villes voisines sans piscine (ex : Fontenay, pour tout lemonde et pas que les écoliers !). Ne pas fermer la piscine entre 13h et 14h le week-end pour attirer un peu plus de monde… Adjoindre à la piscine quelques pelouses du parc Maurice Leluc et mettre à la belle saison plus de transats en plein air. Il y a largement la place (voir photo ci-dessous), et cela valorisera mieux côté « ouvert » de la piscine et renforcera l’offre « loisirs » d’un centre aquatique « familial », avec bassin ludique, toboggan, toit ouvrant et pelouse extérieure pour tous, pas seulement les 10 premiers arrivés… En un mot, ça permettra de profiter davantage du nouvel emplacement de la piscine et de ne plus regretter l’ancien ;-)

Qu’en pensent les uns et les autres ? Et que proposent les candidats ?

D’ici là, j’espère que ce ne seront pas les finances de la ville qui plongeront, mais vous… Allez, tous à l’eau, vous retrouverez toutes les informations pratiques sur les sites de la mairie et de Vert Marine.

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benjamin on mars 4th, 2008

Voici, un peu dans le désordre, les titres provisoires des prochains articles. Le temps presse ;-)

  • Piscine : bilan ou symbole ?
  • Les finances de la ville : de la comptabilité publique à la comptabilité analytique
  • Bus gratuits : un timide « oui mais », mais pas pour les mêmes raisons que M. Sadoun
  • Marché : presque plus de questions que de réponses
  • Démocratie locale, de la théorie à la pratique
  • « On ne peut plus se loger à St Cyr, c’est la faute des promoteurs »
  • PLU, ZAC, urbanisme et densité
  • Petit florilège (ou bêtisier) des promesses de campagne
  • Apprendre à oser

En bleu, les articles déjà publiés. En rouge, les autres…

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